Une entreprise française commercialise le premier vélo à hydrogène : un modèle dédié aux collectivités, avant l’arrivée d’un modèle grand public

Le vélo à hydrogène : électrique, mais sans prise !

10 juillet 2019 La vie à deux-roues

Le premier vélo à hydrogène est commercialisé, et il est français ! C’est un vélo à assistance électrique, mais dépourvu de batterie à recharger : son électricité est générée grâce à l’hydrogène. Il faudra donc « faire le plein » d’hydrogène régulièrement. Ce qui reste, aujourd’hui, encore complexe !

Plus de 100 km d’autonomie 

Après la voiture ou le bus, voici le vélo à hydrogène. Ce vélo innovant – et français – baptisé Alpha, imaginé par Pragma Industries, est doté d’une pile à hydrogène qui lui offre une autonomie de plus de 100 km. Le temps de recharge ? Deux minutes. Et il vous indique même en temps réel l’autonomie restante, au kilomètre près. 

Ce vélo révolutionnaire, fruit de 8 ans de travail, est désormais disponible, et coûte environ 7 000 euros. Malheureusement, vous ne pourrez pas pour l’instant l’acheter. L’écueil : l’absence de station de recharge à hydrogène, permettant de remplir son réservoir ou une bouteille d’hydrogène sous pression intégrée à son cadre.

Un modèle grand public dès 2020 ? 

Les collectivités, en revanche, sont largement séduites par Alpha. Plusieurs villes ont déjà commandé des vélos, pour proposer une mobilité douce et respectueuse de l’environnement. On peut citer Saint-Lo, Cherbourg, Pamiers, Chambéry et bien sûr Biarritz, où est fabriqué Alpha. Ces villes devront bien sûr se doter de bornes de « recharge » qui produiront de l’hydrogène à partir d’eau, et utiliseront pour cela de l’électricité. A Chambery, la démarche « verte » a été poussée plus loin : une portion de route solaire a été créée pour alimenter la station !

Mais Pragma Industries prévoit déjà de proposer, dès 2020, des vélos « qui pourront s’affranchir du rechargement en borne », et seront commercialisés pour moins de 5 000 euros. Cette prochaine génération de vélo utilisera des capsules contenant de l’oxyde de magnésium et d’aluminium qui cassera la molécule d’eau pour isoler l’hydrogène. Il faudra donc tout simplement acheter ces petites capsules, et faire le plein… d’eau ! Le fabriquant envisage aussi de proposer des scooters, des triporteurs…

Alpha, vert ou pas ?

A première vue, un vélo qui fonctionne à l’hydrogène, produit à partir de l’eau, a tout pour séduire. Une mobilité sans utilisation de carburant fossile, avec zéro émission : idéal ? Pas encore, répondent les défenseurs de l’environnement !

D’abord, la production d’hydrogène nécessite de l’électricité. Si les bornes sont raccordées au réseau électrique, Alpha ne peut plus se prévaloir d’une mobilité propre. En revanche, alimenté par des panneaux solaires, ou une route solaire (comme à Chambéry) ou pourquoi pas une éolienne, il devient cette fois un moyen de transport à énergie renouvelable.

Reste un autre défaut, selon certains : sa fabrication. Si son cadre est en alu, il vient d’Asie. Le montage est réalisé en France, avec un système électronique produit en Gironde, un stockage d’hydrogène fabriqué dans la Drôme, mais la bouteille vient d’Italie et le moteur d’Allemagne. Son bilan carbone pourrait donc être encore amélioré avec une fabrication plus « locale » pour éviter les transports. De plus, la pile à combustible utilise du platine, un élément rare. Toutefois, s’il n’est pas parfait, Alpha marque bien l’apparition d’une nouvelle génération de vélo électrique très prometteuse. A suivre !

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