Où en est le projet du radar Méduse, lancé par Bruitparif il y a plus d’un an ?

Méduse : le nouveau radar sonore qui rend les sonomètres obsolètes

15 avril 2021 Réglementation

Les sonomètres utilisés par les gendarmes et agents de polices pour contrôler le bruit généré par certains motards et automobilistes seront bientôt obsolètes. Leur potentiel successeur est un nouveau radar sonore conçu et mis en place par l’association Bruitparif, baptisé Méduse, et qui permet de « voir le bruit ».

Nuisances sonores urbaines : le combat de Bruitparif

Les citadins qui ont déjà eu des soucis de nuisances sonores connaissent sans doute Bruitparif. Cette association à but non lucratif existe depuis 2004 et se définit comme étant « l’observatoire du bruit en Ile-de-France ». Son objectif principal est de fournir au public des informations et relevés fiables concernant le bruit dans les villes. La base de données qu’elle alimente maintenant depuis plus de 15 ans permet aux élus de gérer la question du bruit urbain dans l’application de politiques publiques. Les relevés sonores concernent tous les secteurs d’activités potentiellement bruyants : trafic routier et aérien, activités commerciales et industrielles, loisirs, vie locale… 

Méduse, un radar qui voit le son

En 2016, Bruitparif a conçu et breveté un appareil un peu particulier : 4 microphones et une caméra à 360°, qui lui ont valu d’être baptisé Méduse. Sa cible initiale était les chantiers de construction et les quartiers où la vie nocturne est animée (un problème dorénavant entre parenthèses du fait des mesures sanitaires imposées par l’épidémie de Covid-19). 

Mais depuis l’été 2019, une soixantaine de Méduses ont été installées en Ile-de-France en tant que radar sonore pour mesurer le bruit généré par les usagers de la route. La technologie de ce radar permet de localiser précisément l’origine, la direction, et bien sûr la puissance du son, et de le lier à l’image enregistrée par la caméra. L’intérêt est de fournir une donnée précise et objective de la nuisance générée par un véhicule. Une synesthésie artificielle qui permet de comprendre le son mieux que jamais.

Des verbalisations prévues

Pour l’instant, tous les radars Méduse installés sont à l’essai, et n’apportent que de nouveaux relevés. Des indicateurs pédagogiques (comme les panneaux qui indiquent la vitesse réelle des automobilistes) pourraient y être associés pour sensibiliser les usagers de la route à la nuisance qu’ils génèrent. 

D’ici 2022, les radars Méduse pourraient verbaliser automatiquement tous les usagers qui ne respectent pas les limites sonores légales. 

Il faut savoir que pour les deux-roues par exemple, chaque modèle a un niveau sonore maximal autorisé inscrit sur sa carte grise. Enfin, cela est vrai pour les véhicules les plus récents. Pour les autres, il faudra trouver une réglementation adaptée. Mais le but de ce projet est surtout de sanctionner les motards qui débrident leur pot d’échappement (ce qui est totalement illégal en France et génère des nuisances sonores redoutables) et les automobilistes qui font inutilement vrombir leur moteur.

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