Les drones gagnent les rangs de la police et sillonneront bientôt au-dessus de nos paysages à la recherche des infractions des usagers de la route.

La surveillance routière par drone

16 janvier 2020 Actus AMV

Peut-être en avez-vous déjà entendu parler, les forces de l’ordre ont récemment mis à l’essai une surveillance routière à l’aide de drones survolant des routes et autoroutes. Ces engins volants octroient à la police un regard nouveau sur les usagers de la route. Où en est actuellement ce projet, et qu’est-ce que cela implique pour les motards et automobilistes ?

Les drones, déjà très présents dans notre quotidien

Ces dernières années, les drones ont littéralement conquis le monde en étant utilisés dans de nombreux domaines. Au-delà du jouet télécommandé que l’on peut se procurer pour se divertir, des secteurs comme l’armée et l’industrie les mettent à profit pour réaliser de nombreuses tâches. On commence même à voir des drones livreurs de colis, ambulanciers ou maitres-nageurs. La plupart du temps, ils sont équipés d’une caméra, devenant alors utiles pour apporter un point de vue nouveau et enregistrer des images jusque-là difficilement réalisables. Ils participent à l’étude des champs et des terrains en agriculture, aident à modéliser numériquement des bâtiments et monuments, capturent les meilleurs plans en cinéma et vidéos amateur, et bien sûr, peuvent être d’efficaces outils de surveillance.

Une expérience prometteuse

Au mois de mai de cette année 2019, les forces de l’ordre ont mené une expérience en déployant deux drones afin de surveiller une portion d’autoroute en Essonne. Cette surveillance ciblait les deux-roues et ne visait pas à contrôler leur vitesse, mais plutôt leur comportement (placement sur la chaussée, dépassements dangereux…). En effet, si la portion choisie est le lieu de nombreux accidents chaque année, les deux-roues sont trop souvent concernés. Ne représentant que 5 % des usagers de la route, les deux-roues sont pourtant impliqués dans un accident sur trois. L’emploi des drones est alors particulièrement pertinent sur ce type de route où l’absence de bas-côtés limite la surveillance au sol de la police. Cette expérience, qui a duré seulement deux heures, a été assez probante : deux fois plus d’infractions ont été enregistrées par les drones de surveillance qui communiquaient les informations aux agents pour qu’ils puissent interpeller les conducteurs. Si un franchissement de ligne blanche coûte cher (135€ d’amende et 3 points retirés du permis), le but était plus à la sensibilisation des motards, qu’à leur pénalisation.

Une affaire à suivre

Par la suite, des essais similaires ont été réalisés sur d’autres routes. Dans un futur proche, la police souhaite développer cette technologie à l’ensemble du territoire, et sans doute contrôler aussi les voitures et autres véhicules. On peut imaginer que d’ici quelques années, les radars au sol et autres voitures banalisées auront disparus de nos paysages routiers, laissant place à des drones autonomes connectés. En avoisinant les 500 mètres de hauteur en vol, les drones sont très difficiles à repérer à l’œil nu. A l’inverse, eux sont équipés d’un excellent zoom qui permet de détecter une attitude inadaptée à la conduite. Cette perspective, pourrait bien aider à réduire le nombre d’accident de la route.  

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